Le miroir aux alouettes de l'emploi: cas Fortis
Le 30/1/09, le gouvernement annonce les modifications de l'accord avec BNP concernant Fortis.
Les autres points étant discutés ailleurs, nous nous contrerons sur la partie concernant l'emploi.
Un des arguments utilisés par les syndicats pour recommander à ses
affiliés de voter pour la vente à BNP est "la garantie de l'emploi". Ont-il raison?
Nous ne connaissons pas les engagements pris par BNP. (Etonnant
d'ailleurs que l'on ne communique pas sur ce point qui est avancé par
le gouvernement pour justifier les opérations). Nous analyserons donc
les conséquences possibles sur l'emploi de trois hypothèses: Fortis
adossé à BNP, Fortis en "stand alone" et Fortis adossé à une autre
banque belge.
Dans les trois cas, il faut rappeler plusieurs choses:
1. Dans un marché libre, l'emploi est influencé par les coûts des travailleurs d'une part et leur valeur ajoutée d'autre part.
Une banque, pas plus qu'une autre entreprise, n'est pas une oeuvre
philantropique. Si engager un travailleur de plus me rapporte plus que
ce qu'il me coûte, j'engagerai ce travailleur.
Si un travailleur me coûte plus cher que ce qu'il me coûte, je licencierai ce travailleur.
Or il faut bien reconnaître que le secteur bancaire belge n'est pas
dans une situation confortable. Il était protégé jusqu'en 1992. Depuis,
la concurrence peut être européenne.
Cela a deux conséquences: les prix des services sont limités par
ceux de la concurrence, non seulement nationale mais internationale, et
les coûts salariaux unitaires sont assez rigides.
2. Le besoin de contacts personnels diminue fortement.
Il y a encore 20ans, on allait chercher son argent à la banque, on
venait déposer ses virements, chercher ses extraits. Aujourd'hui avec
Internet et la banque par téléphone, on ne vient plus à la banque que
pour des opérations plus complexes, un prêt, un placement important.
Si les banques se sont éloignées de leur métier de base, c'est en partie pour cette raison.
3. Le support par téléphone peut s'effectuer de n'importe où.
Grâce aux technologies actuelles, le support par téléphone peut être
assuré par des collaborateurs partout en Belgique et surtout partout
dans le monde.
Cel veut dire que lemploi peut être délocalisé là où
il coûte le moins cher et aussi que rien n'empêche de travailler avec
une banque d'un pays européen lointain et bientôt d'un autre pays dans
le monde.
4. Le volume de l'emploi doit s'apprécier au nivau macro économique.
Bien sûr pour les employés de Fortis, seul leur emploi compte et c'est normal.
Le
gouvernement doit se poser lui la question de l'emploi global, soit au
niveau de la Belgique, soit au niveau du secteur bancaire.