Pour avoir vécu les AGE de Fortis les 2 et 3 décembre, soit par Internet, soit sur place, nous émettons des doutes sérieux.
1. Il est positif que des actionnaires puissent prendre la parole et puissent poser des questions.
C'est d'ailleurs normal et cohérent avec le système du capitalisme.
Si je mets de l'argent dans une entreprise, je suis propriétaire de cette entreprise, à concurrence de la proportion des actions que je possède.
Je suis donc concerné au premier chef de ce qui s'y passe.
Je dois donc pouvoir poser les questions qui me permettent de comprendre ce qui s'est passé.
Et ce pour pouvoir voter e connaissance de cause.
2. C'est d'ailleurs le cas actuellement.
Chaque actionnaire a le droit, dès qu'il possède une action de participer à l'AG(E) et de prendre la parole.
Dans le cas des AGE's de Fortis, ce droit a été utilisé.
Le Président de l'AGE a permis à tous de s'exprimer.
A tous? Disons à ceux qui avaient le courage de prendre la parole...et la patience d'attendre que les "défenseurs des actionnaires" aient terminé.
3. Sauf pour la convocation d'une AGE.
Seules limitations: la convocation d'une AGE requiert 10 % des actions. Dans le cas de Fortis, cela représente tout de même 230.000.000 d'actions.
Si l'on prend comme hypothèse que le nombre moyen d'actions que possède un "petit porteur" est 5.000, cela signifie que ceux-ci doivent être plus de 40.000 pour pouvoir convoquer une AGE.
On peut le regretter. Il faut cependant être réaliste. Une AGE pouvant prendre des décisions importantes, il est normal que celles-ci ne soient pas trop nombreuses, sans parler du coût (les deux AGE de Fortis auraient coûté plus de 1.300.000 €)
4. Et sauf pour introduire un point à l'ordre du jour.
L'introduction d'un point à l'ordre du jour requiert 1 % des actions. Toujours avec les mêmes hypothèses qu'au point précédent, cela signifie 23.000.000 d'actions, soit plus de 4.000 personnes.
De nouveau, cela permet d'éviter que des points interminables ne soient ajoutés à l'ordre du jour, avec les problèmes inhérents (votes, temps, etc.)
5. Mais il ne faudrait pas que le pouvoir soit transféré sans discernement vers des associations.
Il est clair que réunir 4.000 ou 40.000 petits actionnaires n'est pas à la portée de n'importe qui.
Le problème est alors de savoir quelles sont les associations qui représentent les actionnaires.
Le risque est que certains y voient plus leur propre intérêt que l'intérêt des actionnaires qu'ils défendent ou encore l'intérêt de la société.
C'est en effet l'impression que j'ai eue à l'AGE de Bruxelles où j'étais présent.