La CSA aurait décidé de ne pas retenir la candidature de BFM pour le plan de fréquence.
Cette lettre ouverte est envoyée à la CSA, à la presse et aux différents partis politiques.
La CSA "aurait" décidé de ne pas attribuer de fréquence à BFM radio.
"Aurait" puisque ce n'est pas encore officiel et qu'il est possible que cela change. Ce ne serait pas la première fois qu'une information serait démentie par les faits.
Pour rappel, BFM était une radio unique en son genre. Elle était axée sur l'information "en continu" à orientation économique.
En continu: à tout moment, on pouvait avoir les dernières nouvelles. Une demi-heure de voiture et l'auditeur était au courant des informations principales.
A orientation économique: non pas "pour économistes avertis", bien au contraire. BFM décryptait les informations et les rendait accessibles à tout un chacun.
Les témoignages repris sur le site de BFM le montrent de manière claire: tant des chefs d'entreprises d'entreprises traditionnelles ou de développement durable, des professeurs, des étudiants, des "hommes de la rue". Qui mettent en avant le rôle positif de BFM, tant pour l'information que la formation.
Mais BFM était encore plus: une radio (je crois la seule) qui essayait, en décryptant l'information, d'insuffler l'esprit d'entreprise, ou plus généralement, de redonner "confiance aux ménages et aux entrepreneurs". Or il est évident que la confiance des ménages et des entrepreneurs a un impact important sur la croissance économique et donc sur le bien être.A tel point que la Roumanie voulait imposer un pourcentage de nouvelles positives à la télé et que Sarkozy était tenté par l'idée.
BFM remplissait ce rôle de service public, de service au public. Sans y être obligé. Sans subsides de l'Etat. Une entreprise avait décroché un beau contrat? Ce n'était pas sur les antennes de notre radio service public que nous l'entendions, c'était sur BFM.
BFM qui donnait la parole, non pas au CEO à 3 millions par an que l'on accuse (à tort ou à raison) d'avoir précipité son entreprise à la faillite (ou presque), mais à l'entrepreneur qui avait lancé son entreprise 3 ans avant et qui commençait seulement à faire du bénéfice.
Quel est le message qui est le plus positif? BFM faisait le choix de "la personne comme tout le monde qui pouvait réussir avec une bonne idée et du travail".
Que demandait BFM?
De l'argent public? Non. Elle faisait le pari d'être rentable par elle-même. par sa publicité. Par des journalistes de qualité et passionnés par leur métier.
Pour quelle raison BFM n'a-t-elle pas pu continuer?
Au premier tour par une indiscrétion qui divulguait "un manque d'indépendance vis à vis d'une autre radio". Cet élément n'est plus vrai aujourd'hui.
Au second tour? Mystère. Nous osons espérer, sans trop y croire, que ce n'est pas une décision politique! Or, l'Echo écrit "Les quatre membres PS, les deux CDH et le représentant d'Ecolo ont voté pour le projet Ciel. Le MR soutenait Mint et BFM." (L'Echo 2/10/08). C'est dire que notre espoir est de courte durée!
Qui va remplacer BFM?
Même si le CSA écrivait "le demandeur dispose donc du profil
correspondant à un de ceux des réseaux dont il postule l’attribution" (procès verbal du CA, juin 2008), il est clair qu'aucune autre radio ne remplit ce rôle aujourd'hui. Ciel Radio certainement pas. Et ce n'est pas un jugement de valeur sur Ciel radio, mais les radios musicales ne manquent pas.
Les radios "commerciales"? Pas une seule ne fera le pari de consacrer une partie significative de ses programmes à l'économique, vu le profil de leurs annonceurs.
Notre "radio publique"? Comme elle dépend aussi pour une (trop grande) partie de la publicité, elle continuera à faire le choix de l'audimat.
BFM ne sera donc pas remplacée. Argument suffisant pour lui attribuer une fréquence. Mais qui ne "semble" pas avoir été retenu.
Le belge francophone qui aurait voulu s'informer, le Belge francophone qui aurait voulu vraiment comprendre la crise actuelle, le Belge francophone qui aurait voulu savoir s'il devait retirer son argent pour le cacher sous son matelas, le belge francophone qui aurait voulu savoir s'il avait une chance de se lancer comme entrepreneur, ce Belge francophone devra se tourner vers....
Vers quoi, je ne sais vraiment pas.