C'est ce que l'on peut entendre suite aux réactions musclées de la FED ou de l'Etat américain pour sauver le système financier.
Cette crise du subprime, la responsabilité des banques, celle de la FED...
On entend beaucoup de bêtises pour l'instant. Comme par exemple que les USA deviennent moins libéraux.
Alors que Fannie Mae et Fredie Mac ressemblaient plutôt à des entreprises publiques qu'à des entreprises privées.
De plus, soyons clairs, l'intervention de la FED et de l'Etat étatsunien était indispensable.
Pour illustrer ce qui peut se dire quand on ne connaît pas tout à fait la réalité,
cet article parmi tant d'autres.
Nous ne reprendrons pas tous les tenants et tous les aboutissements de la crise. ce serait long et certains l'on fait mieux que je ne pourrais le faire. Par exemple, la crise du subprime pour les Nuls.
Listons cependant quelques contrevérités ou quelques informations incomplètes:
1. La crise est due aux risques inconsidérés des institutions financières.
Ne serait-ce pas plutôt l'inverse?
La crise est apparue lorsque les agents économiques, Fonds souverains, banques, assurances, fonds de pension, investisseurs privés, ... ont commencé à prendre conscience du risque réel ou supposé des crédit "subprime". Il faut bien le dire, certains ont amplifié le phénomène, comme le sénateur étatsunien Schumerqui a précipité la faillite d'Indymac. Sa déclaration a eu comme conséquence le retrait presque immédiat de plus de 1,3 milliard de dollars. On ne saura jamais si Indymac aurait survécu sans cet oiseau de mauvaise augure. On peut se poser la question puisque la SEC, le "gendarme de la Bourse" a lancé une enquête à ce sujet.
Rappelons en deux mots un des rôles des banques: transformer des dépôts à court terme (à vue, à quelques mois ou quelques années) en prêts à plus long terme (quelques mois à 20, voire 40 ans). cela signifie que tous les mois au minimum, ces banques doivent trouver de nouveaux fonds pour rembourser les emprunts qui viennent à échéance. Si elle n'y arrive pas, elle a un gros problème. Elle ne peut demander à ses clients à qui elle a prêté de l'argent à 20 ans de rembourser le jour même. Si elle n'arrive pas à emprunter, elle tombe en faillite même si son actif net est positif. c'était le cas de la banque Lehman Brothers. En effet, elle avait pour 639 milliards d'actifs pour 613 milliards de dettes.
2. Plusieurs millions d'américains ont perdu leur maison.
Est-ce à cause d'une méconnaissance de l'anglais ou une tendance à faire du sensassionisme? En effet, il ne faut pas confondre le défaut de paiement "Notice of Default" et la reprise par la banque "Real Estate Owned" . Le "stock actuel" montre en effet que sur 739,714 cas,222,391 sont vraiment des maisons qui ont été reprises par les banques.
Même si les statistiques de la FED ne font état que du "stock" actuel, on peut voir que la situation n'est peut-être pas aussi désespérée que l'on ne veut bien le dire. En effet, selon les chiffres du mois d'août 2008, si 17 % des prêts subprime posent un problème (défini comme au moins un avertissement du prêteur suite à une ou plusieurs échéances non payées), "seulement" 7% ont eu comme conséquence une reprise de la maison par le prêteur. "Seulement" parce que cela représente tout de même plus de 200.000 maisons et donc peut-être 200.000 drames. Comme il y a 3.000.000 de prêts subprime, on peut tout de même se demander si les 2.800.000 autres personnes qui ont obtenu un prêt grâce au système du subprime le regrettent vraiment amèrement.
Le chiffre de 2.000.000 d'américains qui "risquent de perdre leur maison" nous semble dès lors exagéré. cela voudrait dire que 75 % des prêts subprime conduiraient à une reprise de la maison par les banques. Or celles-ci n'y ont pas d'intérêt certain.
Réfléchissons deux minutes. Je suis une banque. J'ai prêté 200.000 euros. Voilà que mon client ne paye pas une, deux ou trois mensualités.
J'ai le choix:
1. Je renégocie un contrat avec mon client. J'accepte qu'il me paye moins pendant quelques mois. Le temps que les intérêts baissent, le temps qu'il retrouve un emploi, le temps que l'inflation diminue la charge relative de son emprunt, le temps qu'il touche un héritage ou qu'il gagne au Loto. La durée de l'emprunt est allongée, c'est vrai. mais ce sera de toutes façons mon client qui payera.
2. Je reprends sa maison. Qui vaut aujourd'hui 150.000 euros. Je ne suis même pas sûr de la vendre à ce prix là. Si je fais cela, je perds 50.000 Euros (si mon client n'a pas encore remboursé du capital) et j'ai un coût d'opportunité, à savoir les intérêts que mon client m'aurait payé pendant 20, 30 ou même 40 ans.
Si je suis un "capitaliste", vous savez ceux qui ne pensent qu'à eux, je vais bien sûr essayer de tout faire pour éviter de perdre de l'argent. Mon seul problème? Trouver les fonds actuellement, ce qui n'est pas gagné.
3. L'Etat américain mutualise les pertes et privatise les bénéfices.
Allez dire cela aux actionnaires d'Indymac, de Fannie Mae (99% de perte), de Lehman Brothers...
Rappelons aussi que Fannie Mae et Freedie Mac étaient des "Governement Sponsored Enterprise", c'est à dire qu'elle devaient suivre les "recommandations" du "Département américain du logement".
En fait, c'est bien l'Etat américain qui a encouragé le développement de ces prêts.
Et on peut le comprendre. "Quand le bâtiment va, tout va". De plus, certains pensent que les propriétaires soignent mieux leur logement que les locataires. Ou bien que le fait de devoir rembourser un prêt encourage le travail.
De plus, l'Etat américain a-t-il le choix?
C'est un peu comme les pompiers qui refuseraient d'éteindre un incendie d'une maison dont le propriétaire était imprudent. Et qui laisseraient le quartier s'enflammer.
L'Etat américain doit veiller à ce que le système financier survive.
4. Le sauvetage va coûter 700 milliards, 1.000 milliards ou plus au contribuable américain.
Et le non sauvetage aurait coûté combien?
De plus, ces sommes ne sont pas des dons, loin de là. L'argent prêté à AIG l'est au taux de 14 %!, l'argent investi dans Fannie Mae et Freedie Mac le sont sous forme d'actions à dividendes privilégiés à 10%.
L'honnêté intellectuelle demanderait de calculer ce que l'Etat américain a gagné grâce à ces entreprises: l'impôt sur le bénéfice, les impôts sur les travailleurs, les droits d'enregistrement, les constructions de nouvelles maisons, et aussi, la croissance supplémentaire que ces prêts ont permis.
N'hésitez pas à me laisser des commentaires. Cet analyse est partiale...
19/9/2008
29/9/08: Voir aussi Fortis, Crises et ... petites approximations