Voir aussi:
Diminuer les déficits?
C'est ce que demande monsieur Trichet dans un journal allemand, relayé par l'Echo
Est-ce légitime? Est-ce justifié?
L'argumentation de monsieur Trichet est cohérente: il s'inquiète pour l'Euro dont la BCE est la garante. "La dégradation de ses notes sur sa capacité à rembourser ses emprunts a fait plonger le taux de change de la monnaie unique"
Mais le débat est beaucoup plus important que celui-là.
Un courant économique qui dit s'inspirer de Keynes, considère que l'Etat peut relancer l'économie en augmentant ses dépenses.
Nous avions déjà écrit que nous ne pensions pas que ce raisonnement était juste pour plusieurs raisons (voir "L'impôt juste est celui que l'on diminue" dans l'Echo du 3/11/2009) Pour rappel, Keynes a émis sa théorie à un moment où l'Etat américain était peu endetté, où le besoin en infrastructures était élevé et où l'épargne se faisait dans des placements sans risques.
A cette époque donc, l'Etat pouvait transformer de l'épargne sans risque en investissement et ses dépenses profitaient sans aucun doute à l'économie.
Nous sommes dans une autre situation aujourd'hui. Les déficits de l'Etat sont tellement importants que l'augmentation des dépenses ne peut se faire qu'en ponctionnant ces moyens sur la marché de l'argent. Les ressources ponctionnées par l'Etat ne sont donc plus investies par les autres agents économiques. La question que l'on doit alors se poser: un euro dépensé par l'Etat profite-t-il plus à l'économie qu'un euro investi par une entreprise ou encore par un ménage?
La réponse à cette question est bien sûr difficile et malheureusement se transforme la plupart du temps en des convictions, rarement économiques, souvent politiques.
En effet, d'un côté ceux qui sont convaincus que l'initiative privée est néfaste, comme l'a expliqué Marx. Car se revendiquer de Keynes est une erreur. Keynes considérait lui que l'Etat se devait d'intervenir quand l'initiative faisait défaut.
En face ceux qui considèrent que l'homme politique n'est (plus?) pas plus vertueux que l'homme de la rue et qu'il n'y a aucune raison que l'homme politique puisse prendre de meilleures décisions. Au contraire, certains pensent même que c'est justement la recherche du bien-être et de son propre profit qui a comme conséquence l'amélioration du bien-être général. Comme l'a d'ailleurs très bien expliqué Bernard de Mandeville dans sa "fable des abeilles" ou encore Adam Smith et son concept de la main invisible.
Ce que l'on peut en tout cas constater est qu'il n'y a aucune corrélation entre les dépenses de l'Etat et la compétitivité d'un pays. On peut au contraire constater une corrélation inverse entre les dépenses de l'Etat et la croissance de l'économie: moins l'Etat intervient, plus l'économie du pays croît.
Enfin, une déficit excessif n'est certainement pas une bonne chose pour les Etats comme l'explique Ludovic Delory dans son blog.
Mais pouvons-nous aller jusqu'à considérer que la bonne santé de la Pologne est due à son refus de suivre le (mauvais) exemple de tous les autres pays qui ont multiplié les plans de relance?
En tout état de cause, puisque rien ne démontre que les dépenses de l'Etat ont un impact positif sur l'économie, puisque en plus, il semblerait que ces dépenses aient un impact négatif, il est donc clair que l'Etat doit réduire ses dépenses de manière drastique, en limitant ses dépenses à ce dont il a besoin pour jouer son rôle. Qui est le maintien de l'ordre et l'aide au plus démunis. Rien d'autre.