Note: cet article est paru en partie dans Le VIF du 1/10/2009
Une réponse a été publiée le 8/10/2009
Elèves de rêve ou prof de merde?
Depuis plusieurs jours, je lis dans la presse des plaintes de profs.
J'en viens à me demander si j'ai des élèves de rêve, ainsi que des
collègues de rêve et des directions de rêve...
J'ose à peine l'affirmer, j'ai presque honte: je suis un prof heureux.
Parce que j'ai des élèves exceptionnels? Je ne crois pas. Mes élèves sont des élèves de rêve, comme tous les élèves. Mais si les rêves du sommeil viennent tout seul, les rêves de la vie demandent des efforts pour être réalisés.
Bien sûr que j'ai eu mes moments durs, c'est vrai que j'ai accumulé des échecs. Dont certains laissent des blessures béantes qui peut-être ne se refermeront jamais. Ces souffrances ont comme seul résultat de rendre mes réussites plus belles. Réussites que j'accumule aussi jour après jour.
Certains me trouveront obscène, mais j'ose malgré tout l'affirmer aussi haut et fort que ceux qui se plaignent: le métier d'enseignant est un métier extraordinaire. Qui apporte chaque jour un nombre incalculable de joies et de satisfactions. Je suis las d'entendre des « collègues » mépriser ceux qui les entourent. Car oser affirmer que le métier de professeur est un métier « pénible » montre du mépris pour ceux qui risquent leur vie tous les jours, pour ceux qui ont la responsabilité de la vie d'autrui, pour ceux qui vivent avec les souffrances d'autres personnes, pour ceux qui détruisent leur santé pour notre bien-être. Ceux-là n'ont-ils pas aussi un « métier pénible »?
Je me sens dévalorisé par ces « collègues » qui affirment que les « jeunes d'aujourd'hui » ne veulent plus travailler. N'est-ce pas notre rôle de donner le goût du travail aux élèves? Qui considèrent que les élèves n'ont pas les connaissances voulues. N'est pas notre responsabilité de leur apprendre?
Je ne peux être solidaire de ces collègues. Je ressens tous les jours la perception négative des élèves qui ne se sentent pas respectés par ces remarques désobligeantes.
Elèves de rêve. Oui. Métier de rêve? Presque. Parce que dire que tout va bien quand seulement un élève sur deux quitte la 6ème primaire avec les connaissances qu'il est censé avoir apprises, serait plus qu'indécent. Parce quand un élève sur deux termine ses humanités avec un an de retard, alors que notre enseignement est un des plus coûteux au monde, il est juste de crier au scandale.
Mais arrêtons de manipuler l'opinion. Accorder 5 ans de congé payé aux profs à 55 ans n'améliorera pas les conditions de travail. Faire croire qu'il est impossible pour les profs de donner plus d'heures de cours alors que beaucoup donnent des cours particuliers est peu crédible. Dire dans la même phrase qu'il y a trop de profs et qu'il n'y en a pas assez est risible « La suppression des DPPR augmentera le chômage et la pénurie (sic) »
Toute crise est une opportunité. La ministre Simonet a été professionnelle en proposant comme pistes de réduire les dépenses les plus importantes. Elle le sera encore plus si elle applique une technique redoutable: celle du « zero based budget ». C'est à dire de reprendre chaque dépense et ensuite se poser trois questions; la première, cette dépense va-t-elle augmenter la qualité de l'enseignement ? Ensuite cette dépense va-t-elle améliorer les conditions de travail des enseignants. Et enfin, quelle est la priorité de cette dépense par rapport aux autres dépenses?
Gageons que les syndicats adhéreront à cette démarche. Démarche qui améliorera la qualité de l'enseignement, rendra meilleures les conditions de travail et peut-être dégagera des moyens pour payer plus les profs qui travaillent plus
La réponse à mon courrier du 2/10 de monsieur Houard, dans le VIF du 9/10 dernier m'impose d'y répondre afin de corriger certains malentendus. (voir le billet "Elèves de rêve ou prof de merde")En effet, je voudrais d'abord rappeler que je ne m
Suivi: Oct 13, 15:40
Tout a commencé par un courrier au VIF, que j'avais titré "Elèves de rêve ou prof de merde" en réaction au succès médiatique du livre "Prof de merde"Le Vif a "coupé" dans l'article, par manque de place, ce qui a eu comme cons
Suivi: Oct 18, 13:41