Imprimer cette page Imprimer cette page

Taux de la BCE

Nous nous attaquons ici à un gros morceau.

En effet, pour bien comprendre ce qui va suivre, il faut tout d'abord avoir compris comment la monnaie se crée, ensuite quels sont les objectifs de la BCE.
Après cela il faut aussi comprendre quelles sont les causes de l'inflation.
Enfin, comment le taux d'intérêt peut influencer les prix, par le jeu de l'offre et de la demande.

Cette hausse de taux va avoir plusieurs conséquences, en vert les conséquences positives, en rouge, les conséquences négatives.

La hausse des taux va rendre le crédit plus cher et l'épargne plus rentable, ce qui ralentira l'économie. Or les derniers chiffres (juillet 2008) indiquent que plusieurs pays de la zone Euro rentrent en récession. Cette hausse des taux va donc amplifier le phénomène négatif de diminution de l'activité. Avec comme conséquence inévitable une augmentation sensible du chômage.   Cette diminution de l'activité économique devrait avoir comme conséquence une diminution de la demande de pétrole et donc, normalement, une baisse de son prix.

Cette hausse des taux va aussi augmenter le coût des crédits aux entreprises et aux consommateurs, dans un marché où les banques sont déjà très prudentes, vu les risques de défaillance (crise du subprime). De plus les personnes qui ont emprunté à taux variable, devront payer plus, et ce de nouveau dans un contexte économique peu favorable.

Enfin, cette hausse des taux devraient rassurer d'une part les prêteurs, qui dès lors ne demanderont pas une "prime de risque d'inflation" trop importante, que ces prêteurs soient des banques, des entreprises ou des particuliers. De même, dans les pays où les adaptation salariales sont négociées (tous les pays de la zone Euro suaf Chypre?, la Belgique et le Luxembourg), le signal devrait tempérer les revendications des représentants des travailleurs.

On peut dès lors se poser pas mal de questions:
1. L'élasticité par rapport au prix de la demande de pétrole est faible (même si le pétrole augmente beaucoup, on continue à en consommer presqu'autant). Donc, le budget disponible pour les autres biens diminue. Et il devrait y avoir à moyen terme une pression sur les prix des autres produits.
2. Le pétrole est-il vraiment "cher"? Son prix actuel n'est-il pas un prix "normal", un prix qui correspond à sa valeur?
3. Ne vaut-il pas mieux que le pétrole soit cher? En mars 2006, nous écrivions déjà qu'il fallait continuer à augmenter le prix du pétrole de 5% en plus de l'inflation, pour préserver cette ressource rare.
4. L'élasticité au prix du pétrole est-elle si faible à moyen terme? Je manque de chiffres pour le démontrer. Mais je me dis que de toutes façons dans 20, 50 ou 70 ans, il n'ay aura plus de pétrole. Donc il faudra bien apprendre à s'en passer. Or, malheureusement, quel est le meilleur incitant à trouver d'autres voies? L'argent. Je répète donc: gardons le pétrole cher.
5. La hausse des prix n'est pas due à une surchauffe de la demande, loin de là. Est-il cohérent de ralentir l'économie pour diminuer les prix des autres produits pour ralentir la hausse moyenne des prix. ceteris paribus, le pétrole restera cher, les autres produits diminueront de prix. La hausse moyenne sera ralentie, mais à quel prix?

En conclusion, notre impression est que la décision de la BCE est contracyclique. Que même si elle avait baissé son taux pour ralentir la récession, les ajustements du marché auraient agi sur le prix du pétrole. Cette hausse des taux est donc néfaste et inutile.

 

Update le 25/7/2008:
M3 a ralenti en juin, donc bien avant la hausse des taux de la BCE
La récession économique menace la zone euro : pas vraiment une surprise, sauf peut-être pour la BCE.