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L'Eurogroupe exclut tout plan de relance

Clés de compréhension

 

(voir l'article sur http://www.lecho.be/actualite/economie-finances/L%27Eurogroupe_exclut_tout_plan_de_relance.8037046-602.art)

Pour une analyse complète en pdf

1. Récession.

 

La récession est une baisse du PIB. Le Produit Intérieur Brut est la mesure de tout ce qui est produit dans un pays. Techniquement on parlera de récession lorsque qu'il y a baisse du PIB pendant plusieurs périodes consécutives (pare exemple deux trimestres)

2. Relance budgétaire

 

Pour relancer l'économie, l'Etat peut augmenter ses dépenses et/ou diminuer ses recettes, même au prix d'un déficit budgétaire. La conséquence sera une augmentation du revenu disponible des ménages (soit parce qu'ils payent moins d'impôts, soit parce qu'ils reçoivent plus d'allocations sociales, soit parce que l'Etat augmente ses dépenses par de grands travaux qui augmentent la quantité de travail et donc les revenus). Comme le revenu disponible augmente, les dépenses des ménages augmentent aussi (sauf si cette augmentation du revenu est entièrement consacrée à l'épargne). Ces dépenses augmentent donc le PIB et freinent le ralentissement ou provoque une nouvelle hausse.

3. Conséquences de la crise financière

 

Cette crise financière, appelée aussi «crise du subprime» ou «crise du crédit hypothécaire» est née aux Etats Unis. Le nombre de défaillances de remboursement d'emprunts hypothécaires a augmenté jusqu'à représenter 1 à 2 % du nombre total des crédits. Cette crise est due selon certains au fait que des prêts ont été consentis de manière inconsidérée à des emprunteurs qui avaient peu de chance de respecter leurs échéances, selon certains à l'augmentation du taux d'intérêt de la FED, selon d'autres (en fait selon l'auteur de ces lignes) au cycle économique (une croissance est suivie d'une phase de décroissance et ensuite d'une nouvelle phase de croissance). Ces défaillances ont eu un impact beaucoup plus grand que normal parce que les risques ont été répartis sur un grand nombre d'institutions financières dont des banques. Or les banques prêtent l'argent de leurs clients et ne devraient pas prendre de risques trop élevés. Selon certains (dont les dirigeants de Fortis), le presse a amplifié le problème, ce qui a eu comme conséquence que la confiance envers les banques a diminué. Le crédit est donc devenu plus cher, ce qui amplifie le problème des crédits hypothécaires à taux variables surtout pour des prêts sans amortissement de capital.

4. Effet de second tour

 

Le danger est que les travailleurs exigent des augmentations salariales pour compenser la hausse des prix. Ce qui aura comme conséquence une augmentation des coûts pour les entreprises et donc une nouvelle augmentation des prix. Deux pays ont un système d'augmentation des salaires automatique: le Luxembourg et la Belgique. Notons tout de même que par l'effet de retard (les salaires sont indexés quelques mois après l'augmentation des prix), par le fait que les prix des produits pétroliers ne sont pas repris dans cet index et par l'effet de la progressivité de l'impôt (une augmentation de 2% en brut correspond à une augmentation de moins de 2% en net), cet effet de second tour est relativement limité.

5. Salaires et gain de productivité

 

Les salaires devraient augmenter, même sans augmentation des prix. En effet, si la productivité (par exemple le nombre d'unités produites par heure de travail) augmente, ce gain peut être réparti entre le travailleur (par une augmentation de salaire), le consommateur (par une diminution du prix) et l'entrepreneur (par une augmentation du bénéfice)

6. Emprunts à taux variables.

 

Plusieurs possibilités existent lorsque l'on souscrit un emprunt hypothécaire: soit le taux est fixé sur toute la durée (15, 20 voire 40 ans), soit il est variable (tous les ans, tous les 5 ans, avec un minimum et/ou un maximum). Si le taux est bas, le prêteur craint une hausse des taux. Il devra alors trouver des capitaux en les payant plus cher et donc peut-être faire une perte. Pour se couvrir contre ce risque, il demandera un taux supérieur. Si ce risque est inexistant (taux variable) il offrira un meilleur taux. On voit bien qu'il s'agit d'un arbitrage pour l'emprunteur entre un taux certain plus cher et un taux incertain moins cher.

7. Emprunts sans remboursement de capital.

 

Normalement lorsque l'on rembourse un emprunt, on paye les intérêts mais on rembourse aussi le capital peu à peu. Des prêts sont apparus sans remboursement de capital. Pendant la durée de l'emprunt, on paye uniquement les intérêts et on rembourse le capital à l'échéance. Ce choix peut être rationnel (justifié économiquement). Par exemple si l'on a la certitude de percevoir un capital important à une date certaine dans le futur (capital d'une assurance vie par exemple) ou parce que l'on s'attend à recevoir ce capital à une échéance plus ou moins rapprochée (un héritage par exemple). Ce type de prêt est aussi utilisé à des fins de spéculations. Si j'achète un bien immobilier en payant un intérêt de 4 % l'an et que le prix de ce bien augmente de 6% l'an, je fais une bonne affaire. En effet après 20 ans, la maison que j'ai achetée 100 UM vaut 321 UM. J'ai payé 20 fois 4 UM. Je rembourse les 100 que j'ai empruntés, je fais donc un bénéfice de 221 UM en investissant 4 UM par an! Et j'ai en plus épargné le loyer que j'aurais dû payer. Cela correspond, ceteris paribus, à un rendement de 22%, sans compter l'économie des loyers! Bien sûr, les hypothèses qui sont faites ne sont pas nécessairement vérifiées! Si le taux d'intérêt est de 5 % et la hausse moyenne sur 20 ans de 4 %, l'emprunteur fera une perte qui pourra ou non être compensée par l'économie de loyer.

8. Taux de la BCE

 

Il s'agit en fait du taux directeur (refi en fait) de la Banque Centrale Européenne. Ce taux est important car c'est le taux que les banques payeront pour emprunter à la BCE lorsqu'elles ne peuvent faire autrement (dépôts des clients+ fonds propres + emprunts aux autres banques+ obligations insuffisants pour faire face aux crédits en cours). Les banques centrales utilisent ce taux pour juguler l'inflation. En effet, si ce taux augmente, les banques augmentent leurs propres taux, ce qui veut dire que le crédit est plus cher (donc les agents empruntent moins), l'épargne est plus rentable (donc on investit et on consomme moins pour épargner plus). Le résultat est une baisse de la demande, et selon la loi de l'offre et de la demande, les prix diminuent ou augmentent moins. La deuxième conséquence est aussi que l'on produit moins, donc la croissance est ralentie.

 


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