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Ordonnance Fortis

2. La contagion des marchés boursiers à "l'économie réelle"

Plusieurs fois dans l'ordonnance, la Présidente cite comme argument ou comme élément de démonstration du manque de solvabilité de Fortis Banque, le cours de l'action de Fortis Holding.

Cela pourrait se justuifier si l'on considérait que le cours de bourse reflétait la situation réelle de l'entreprise et qu'une telle chute ne pouvait qu'être due qu'à la la faillite prochaine.

Si c'était le cas, le nombre d'entreprises qui devraient être en faillite aujourd'hui est impressionant. L'indice Bel20 a perdu 50% de sa valeur, et beaucoup d'actions ont perdu plus de 80%.

Il est bon de rappeler que le cours de bourse reflète une série d'éléments, certains rationnels, d'autres moins.

Si la valorisation d'une action peut se faire en actualisant les bénéfices futurs espérés, les derniers mois, et surtout les dernières semaines ont montré qu'il n'en est rien. En effet, que l'on appelle cela spéculation, anticipation, panique ou euphorie, il est évident que les acteurs réagissent de manière peu rationnelle.

Le cours de bourse peut alors simplement refléter l'anticipation d'une chute importante du bénéfice et, partant, une chute du dividende, voire un dividende nul.

3. Si l'urgence est incontestable, les solutions apportées sont plus que contestables.