1.1. Quelle était vraiment la situation de Fortis au moment de la revente aux Pays Bas puis à BNP?
1.1. Quelle était vraiment la situation de Fortis au moment de la revente aux Pays Bas puis à BNP?
Rappelons rapidement quelques notions:
1. La chute du cours de l'action
Le cours de l'action n'influence théoriquement pas la solvabilité de l'entreprise.
Il est vrai que cela rend une augmentation de capital plus "coûteuse" pour les actionnaires car, pour simplifier, il faut émettre beaucoup plus de nouvelles actions pour lever le capital nécessaire.
Il est vrai aussi que cette chute de cours peut diminuer la confiance des agents économiques, banques, entreprises, ménages.
Le cas de Fortis était précurseur du cas de toutes les banques. Mais à ce moment-là, on ne le savait pas.
2. La liquidité de la banque
Le rôle d'une banque est de recueillir des dépôts et de les transformer en prêts.
Avec trois caractéristiques principales:
2.1. Petits dépôts et prêts importants: un grand nombre de petits déposants permettent à la banque de prêter des montants plus importants.
2.2. Dépôts "sûrs" et prêts plus risqués: la banque peut prendre un risque (calculé). Elle peut accepter par exemple que 1/1000 des prêts soient perdus. C'est la mutualisation des risques.
2.3. Dépôts à court terme et prêts à plus longs terme: il est rare que l'on dépose son argent pour 20 ans. Il est rare que l'on emprunte pour sa maison pour 6 mois. La banque transforme donc des dépôts à court terme en prêts à long terme.
Le problème est donc que si beaucoup de déposants viennent rechercher leurs fonds, la banque ne pourra pas y faire face. Parce qu'elle s'est engagée à rembourser les dépôts rapidement, mais elle a accordé des prêts à plus long terme. C'est le problème de liquidité.
3. Solvabilité.
Si la banque a 900 de dépôts et 1.000 de prêts, elle n'est pas en insolvabilité. Même si on lui demande de rembourser 20 de dépôts et qu'elle ne peut réclamer le montant des prêts.
4. Faillite de la banque
La faillite pour une entreprise commerciale requiert deux conditions: cessation de paiement et ébranlement du crédit.
Pour une banque la cessation de paiement signifie qu'elle ne peut faire face aux retraits.
Mais une solution est d'emprunter. Soit à une autre banque, soit àla banque centrale, soit chez d'autres agents économiques. dans ce cas, la deuxième condition n'est pas remplie et la banque n'est pas en faillite.
Les notions d'épargnant et de petits actionnaires sont expliquées ici.
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