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La mixité sans régulation

L'Echo 3/2/09

Courrier

La mixité à l'école, sans régulation

Les différents débats autour du dernier décret censé augmenter la mixité sociale dans les écoles font et feront encore couler beaucoup d'encre. Si la mixité sociale semble être un objectif auquel il est bon d'adhérer, encore faut-il se poser les bonnes questions.

La régulation peut-elle forcer cette mixité ?

Si c'était le cas, cela ferait longtemps que l'on n'en parlerait plus ! Plutôt que de légiférer à outrance et de se rendre compte ensuite que les effets de bord n'ont pas été prévus, pourquoi ne pas revenir à un système, non seulement plus simple, mais surtout beaucoup plus efficace ?

Analyser les raisons pour lesquelles certaines écoles attirent les élèves plus que d'autres.

Il serait utile d'identifier les facteurs de succès et de les transposer dans les autres écoles. La Finlande n'impose aucune école. Chaque élève est inscrit dans l'école la plus proche. Même si les parents peuvent en choisir une autre, ils ne le font pas parce que toutes les écoles sont de qualité. a Sanctionner les abus au lieu de pénaliser tout le monde.

Avant le décret, 3 % des écoles devaient refuser des élèves et qu'avec le décret ce pourcentage a dépassé 19 %. Si vraiment des écoles sélectionnaient les élèves selon des critères non objectifs, pénalisons ces écoles. a Mieux définir les objectifs et évaluer les résultats.

Les évaluations externes sont une avancée significative. Si ces évaluations mesurent bien la réalisation des objectifs définis dans les différents décrets, cela permet en effet d'évaluer les résultats des enseignants. L'évaluation des résultats pourrait prendre en compte le type d'élèves auquel l'enseignant est confronté. On pourrait demander aux enseignants de garantir une amélioration en pourcentage absolu de leurs élèves. Cela implique évidemment que les moyens mis à disposition des écoles seraient modulés selon les élèves que cette école accueille. L'avantage est que l'objectif est clairement mis sur l'amélioration des résultats de tous les élèves, ce qui nous semble devoir être l'objectif de notre enseignement.

Autre avantage : les écoles ont alors intérêt à accueillir dans leurs écoles des élèves de tout niveau.

S'attaquer aux causes et non aux symptômes.

Quelle est la raison du peu de mixité sociale dans nos écoles ? Quelle est la cause de la diversité des résultats de nos élèves ?

Notons d'abord le raisonnement qui nous semble spécieux : un élève de milieu socio-économique défavorisé a moins de chance d'obtenir de bons résultats, donc mélangeons les élèves et les résultats de tous s'amélioreront.

Le problème est tout autre.

Des élèves de milieu « défavorisé » réussissent bien mieux que des élèves de milieu « favorisé ». L'analyse de ces « exceptions à la règle » donnerait une idée des moyens à mettre en place pour faire mieux réussir tous les élèves. La seule difficulté est que cela prend plus de temps et plus d'imagination qu'un décret « vite fait mal fait ». Nous formons le souhait que le problème soit enfin analysé de manière scientifique et non dogmatique.

Xavier Guyaux