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FAPEO, APED, ELEVEs, Dupont, même combat?

FAPEO, APED, ELEVEs, Dupont, même combat?


Nous ne pouvons que l'espérer.

En tout cas, il y a certains objectifs qui sont communs. Nous ne reparlerons pas du décret Mixité lui-même: il n'y a plus personne qui considère que ce décret a amélioré la situation et les chiffres objectifs démontrent que le problème a été amplifié par le décret.

Les ministres de l'enseignement successifs eux-mêmes ont signalé qu'avant le décret 3 % des écoles devaient refuser des élèves et que ce pourcentage a été multiplié par 6 (19%) par le décret.

L'excuse «c'est pas pire» est pitoyable.

Si tout ce travail et cette énergie n'ont comme résultat (que nous contestons) un statut quo, c'est mal comprendre le rôle que nos gouvernants s'engagent à remplir. Nous voulons croire que certains objectifs sont communs à tous.

La qualité de l'enseignement doit être améliorée, l'école doit permettre à chacun de s'épanouir.

 

Plutôt que se diviser, les différents acteurs de l'enseignement y gagneraient de se mobiliser sur ces objectifs communs et accepter que tout ne peut se faire d'un coup de baguette magique (si tant est que le ministre de l'enseignement soit un magicien).

Pourquoi ne pas choisir comme objectif prioritaire la qualité de l'enseignement? Pas un acteur ne considère cet objectif comme inutile. Certains, dont je suis, considèrent que c'est une condition nécessaire, si pas suffisante, pour réaliser le second objectif de mixité sociale.

Même et peut-être surtout si cet objectif de «mixité sociale» est compris de manière très différente. Ce serait un autre débat. La FAPEO a rassemblé une série de pistes. Tout comme l'APED. Tout comme ELEVEs, tout comme le SEGEC, tout comme la Communauté Française.

Le problème est que chacun fustige les idées des autres acteurs, dépensant une énergie qui pourrait être utilisée bien plus utilement.

La première évidence, reconnue par presque tous les acteurs, est que l'enseignement doit être différencié, tant que nos élèves sont différents.

Inutile à ce stade de se poser la question de savoir si c'est un bien ou un mal que certains élèves soient plutôt attirés par des concepts et que d'autres soient attirés vers leur mise en œuvre. C'est une réalité vécue tous les jours par les enseignants.

Toutes les écoles pourraient «être bonnes», même si certaines privilégient un aspect plutôt que l'autre.

La deuxième évidence est que certains élèves ont besoin de moins de temps pour «consolider» ce qui est vu en classe et que d'autres élèves ont besoin de plus de temps, ou même n'ont pas les moyens ou le support nécessaire pour réaliser ce travail «hors de la classe».

Ce qui signifie que certaines écoles doivent mettre en œuvre des structures d'aide aux élèves qui en ont besoin. C'est fait aujourd'hui dans certaines écoles. Ces sera plus difficile si on limite la liberté des établissements pour l'attribution des heures aux enseignants (le fameux NTTP).

Des initiatives existent, soit parce que des enseignants consacrent du temps bénévolement, soit grâce à des «écoles de devoir». Et aussi par des entreprises commerciales ou des enseignants qui arrondissent leur fin de mois, ce qui est une discrimination financière inacceptable, car les enfants qui en ont le plus besoin n'y ont pas accès, soit parce que leurs parents n'ont pas les moyens, soit parce qu'ils ne veulent pas y mettre les moyens.

La troisième évidence est que les programmes ne sont pas cohérents avec les objectifs qu'ils sont censés poursuivre.

Ce n'est pas sans raison que l'enseignement libre catholique a revu ces programmes de fond en comble, tout comme certaines Villes dont les écoles ont une liste d'attente importante. Si nous adhérons aux «évaluations externes», nous rappelons que toute évaluation ne se fait qu'à partir d'objectifs clairement définis. Un simple exemple est l'objectif premier du décret «Missions» selon lequel l'enseignement doit former des «citoyens responsables» alors que dans aucun cours il n'est prévu du temps pour aborder l'actualité.

La quatrième évidence est le manque de formation «adaptée» des enseignants.

Il leur est demandé d'être beaucoup plus que des «transmetteurs de savoir» alors que dans leur formation, rien ne les prépare à la dynamique de groupe, à la transversalité (quel professeur de mathématique apprend à quoi peuvent bien servir des équations du second degré?

Or les élèves d'aujourd'hui, à tort ou à raison, n'apprendront bien la résolution de ces équations que s'ils comprennent à quoi cela sert). Aucune formation non plus aux représentations mentales de nos élèves, qui sont aujourd'hui de cultures extrêmement variées.

La cinquième évidence, parmi tant d'autres, mais il faut bien choisir est le manque de support mis à la disposition des enseignants.

 

La plupart d'entre eux «réinventent la roue», tant bien que mal. Une des raisons est la multiplicité des programmes qui rend peu rentable l'édition de manuels scolaires. Une deuxième raison est souvent que ces manuels ne correspondent pas aux besoins des enseignants. En tant que d'une part enseignant, mais aussi administrateur de société et aussi parent (même si c'est d'élèves dans l'enseignement néerlandophone), j'espère que les différents acteurs oublieront quelque temps leurs différences idéologiques pour collaborer vraiment à ce qui est essentiel: la qualité de notre enseignement en Communauté Française.

Xavier Guyaux

1160 Bruxelles

http://www.economiques.eu