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Les moyens existent, il « suffit » que nos gouvernants acceptent de les utiliser.

Enfin, si l'on devait considérer qu'une relation de cause à effet existait, il faudrait aussi se poser la question du sens de la relation: les élèves réussissent-ils mieux parce qu'ils sont dans une «meilleure» école ou bien ces «meilleures» écoles attire-t-elle des élèves dont les parents considèrent les études comme étant prioritaires?

Car, nous considérons comme normal, ou comme souhaitable que tous les jeunes obtiennent leur diplôme de secondaire, mais est-ce une valeur universelle, à laquelle personne n'a la liberté de ne pas adhérer?

Si c'était le cas, l'enjeu est alors, non pas de mélanger les élèves, mais de faire adhérer les parents à ces objectifs de formation minimale à atteindre.

De nouveau, il est impossible d'expérimenter cette hypothèse et donc aucun scientifique ne pourra déterminer le sens de la relation. Que faire dès lors qu'il est clair qu'il est impossible de déterminer scientifiquement quelle est l'explication des différences énormes entre nos élèves? Surtout, que faire pour éviter que les décisions prises soient contre productives, qu'elles aient les effets inverses des objectifs poursuivis?

La seule solution est de reconnaître aujourd'hui qu'il n'est pas acceptable que nombre d'écoles ne respectent pas la qualité minimum. Il est incroyable que l'on accepte qu'un budget qui représente 2.000 € par an et par ménage francophone soit dépensé sans un contrôle sérieux.

Les moyens existent, il «suffit» que nos gouvernants acceptent de les utiliser. Par exemple en recensant les bonnes pratiques, en favorisant les échanges entre les enseignants, en donnant le support nécessaire aux enseignants, etc.

Notons que les évaluations externes, à condition qu'elles mesurent bien si les objectifs sont atteints est un bon début. Il faut encore analyser ces résultats et déterminer comment améliorer la qualité de tous. Il en va de la qualité de l'enseignement, c'est-à-dire des compétences des 900.000 élèves dans nos écoles. C'est d'autant plus important que la sortie de la crise passe aussi par des jeunes bien formés...

Xavier Guyaux